Le bloc d’alimentation pour le bon système

Nous sommes équipés d’outils pour mesurer la consommation réelle d’un appareil électrique. Assemblant des ordinateurs sur mesure, en 2011 ce fut donc l’occasion de proposer des systèmes informatiques écoénergétiques.  Ce genre de créneau était un peu hors standard. Nous avons eu à gérer des problèmes inattendus malgré l’utilisation de composants de grande qualité. L’histoire qui suit concerne justement une incompatibilité avec un bloc d’alimentation catégorisé comme haut de gamme.

Bloc d'alimentation pour ordinateur

Exposition des faits

Nous avions conçu un système sur mesure pour un client, selon des critères de silence, dans un format compact et d’une faible consommation. Par faible consommation je suis fier de dire qu’on ne dépassait pas 68 Watts en utilisation. Cependant, 3 semaines après l’installation le client rappelle.

Sylvain, ma cochonnerie plante aux demi-heures.

Ai-je précisé que c’est quelqu’un qui n’aime pas les ordinateurs? Il m’avait dit dès le départ que ces cochonneries-là (en parlant des ordinateurs en général), ça ne marchait jamais bien. Je m’étais engagé a lui démontré que ça peut bien aller.

Je venais de lui vendre ce système alors ça commence mal pour lui prouvez. Il n’a pas de problème de lenteur. L’instabilité était tannante, mais pas assez pour qu’il veuille nous le laisser pour vérification. Il utilise l’ordinateur comme désennuie et ne veux pas s’en séparer longtemps. Je le rassure sur le fait qu’il a un système haut de gamme entre les mains et qu’on va mettre le temps qu’il faut pour que son poste aille bien.

Le refroidissement

J’avais fait l’installation sur place alors je me rappelais que le poste informatique était installé dans un emplacement fermé et ajusté d’un meuble qui respirait peu, j’ai donc suivi le scénario de la ventilation et tenté d’améliorer le système de refroidissement en premier lieu.

Aucune différence.

L’alimentation

Je savais qu’aucune des pièces choisies n’était de mauvaise qualité, mais une pièce défectueuse était une possibilité. En changeant le bloc d’alimentation de l’ordinateur, le poste a bien réagi. On en a plus entendu parler.

La conclusion vous parait surement évidente avec le titre du billet que ça finirait de même. Le vrai punch? J’aurais remplacé le bloc d’alimentation par un modèle identique, le même problème aurait recommencé. J’ai eu la prévenance de mettre un autre modèle que j’utilisais depuis plus longtemps et je vous dis pourquoi.

Un choix trop fort pour la ligue

Misant sur la qualité, le bloc d’alimentation qui avait été choisi était un Corsair CX430. Un très bon produit, conçu pour délivrer jusqu’à 430 Watts de puissance. Un composant capable de travailler proche de ses limites sur de plus longues durées que bien des produits concurrents. Nous avons pris cette endurance comme un signe de fiabilité universelle.

À tort!

Il n’acceptait pas bien de délivrer une puissance de moins de 100 Watt. Le problème? Une circuiterie qui n’était pas conçu pour avoir si peu de charge. Il n’était pas capable de délivrer peu de puissance tout en restant stable.

Une situation rare

On l’avait entre temps confirmé sur un autre de nos systèmes, le plus écoénergétique de l’époque. Ce fut notre chance pour comprendre. Avec un bloc d’alimentation Corsair CX430 la carte mère détectait carrément des surtensions et le poste redémarrait. Ce dernier travaillait avec une puissance réelle d’une cinquantaine de watts.

On était en présence d’une incompatibilité matérielle avec un bloc d’alimentation pourtant décrit comme haut de gamme, qui restait parfaitement fonctionnel sur un système plus énergivore.

La faute de l’AFC?

Le circuit AFC (active frequency control) est un circuit dynamique qui ajuste la précision des voltages de sortie nécessaire aux composants internes, selon la puissance qui se fait drainer par le système. Ce circuit est présent sur les produits plus haut de gamme, alors que les produits basiques auront tout de même minimalement un PFC (passive frequency control), soit un circuit passif moins coûteux, mais aussi moins précis.

Si on a une demande en énergie plus importante, un bon AFC gardera les voltages internes plus précis. Un PFC sera plus sensible à toute sorte de variations. Dans le produit Corsair, personne n’achetait ce genre d’alimentation pour un poste écoénergétique. L’AFC, bien que de qualité, ne prévoyait pas le scénario d’une charge aussi faible.

Une solution définitive

Coolermaster quant à eux offrait un AFC interne très efficace avec un spectre plus large. Nous avons utilisé des blocs de 460 Watt qui restait stables même utilisés à une très faible charge de leur capacité pour tous nos systèmes écoénergétiques.

L’électronique de ces derniers était très raffinée. Il n’aurait probablement pas aussi bien résisté aux mauvais traitements que le produit Corsair, mais ils étaient mieux adaptés à ce besoin, tout en laissant de la marge à des mises à niveau de l’ordinateur.

Pour en finir avec ces cochonneries-là

On a revu le client il y a quelques mois. Il ne voulait pas de mise a niveau, il voulait carrément nous a acheté un nouveau ordinateur pour remplacer le sien de 9 ans cette fois devenus trop lent à son goût. En 9 ans il n’a pas eu besoin de nos services une seule fois!

Quand on dit que chez SD électronique on fabrique des chars d’assaut, c’est de ce genre d’histoire qu’on est fiers. Toujours fonctionnel 9 ans plus tard dans un meuble qui ne respirait que très peu, sans entretien ni réparation c’est quand même très bien.

PS: Vous aimez ce genre d’histoires? Lisez cet article si ce n’est pas déjà fait! 🙂 https://www.informatiquerimouski.com/blogue/2020/05/12/terminaux-de-paiement-instables/

Publié par

Sylvain

En 2005 j'ai fondé SD électronique. Aujourd'hui j'ai toujours cette curiosité et cet intérêt pour les gens et la technologie qui leur sert à atteindre leur buts.

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